Atelier bidouille, découverte de Squishy Circuits

Durant les vacances de la Toussaint, nous avons accueilli un groupe de 12 enfants de la Maison des Générations allant de 6 à 8 ans. L’idée était de mettre en place un atelier autour de la fabrication numérique dans la continuité de la Quinzaine de la Fabrique afin de s’inscrire dans la dynamique fablab du cybercentre. N’ayant jamais conduit ce genre d’animation auparavant, la journée est placée sous le signe de l’expérimentation.
Pour la préparation, je me suis appuyé sur le projet Squishy Circuits d’AnnMarie Thomas. Ainsi que sur des ressources trouvées sur la page Wikidébrouillard et sur le blog de Jocelyne Quelo.

Le principe de Squishy Circuits est simple : fabriquer deux types de pâte à modeler, une conductrice et une isolante afin de transformer celle-ci en circuits électriques.

10 à 12h Squishy Circuits : Place à la patouille !

Au centre social, nous avons la chance d’avoir à notre disposition une cuisine et tout le matériel qui va avec. Nous avons simplement demandé que les enfants soient équipés de blouses, histoire qu’ils ne se tachent pas avec les colorants.

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Nous mélangeons les ingrédients comme indiqué sur les recettes et nous réalisons la première pâte à modeler (conductrice, pâte verte sur la photo). La préparation se passe bien, c’est assez simple, aussi simple que de faire une pâte à gâteau à la maison. C’est quand il faut faire chauffer le tout que ça se complique, le plan de travail est trop haut pour les enfants, c’est donc l’animateur qui se charge du mélange, opération qui se révèle très physique. Le résultat est très satisfaisant (je remercie Éric pour son coup de main dans le pétrissage de la pâte).
Nous répétons la tâche avec les ingrédients de la pâte isolante cette fois (pâte violette sur la photo). Le résultat n’est pas aussi bon, la pâte est légèrement collante et nous décidons de reproduire l’expérience. Nous arrivons à une pâte moins collante mais presque trop farineuse (pâte orange sur la photo).
En fin de matinée, les enfants ont pu tester leurs pâtes et donner leurs ressentis sur les différentes pâtes. La verte semble faire l’unanimité.

— Pause déjeuner —

14 à 15h. Place à l’expérimentation !

Il est temps de tester nos pâtes. C’est l’étape la plus délicate, si notre pâte isolante ne fonctionne pas nous n’aurons plus qu’à retourner en cuisine.
Les enfants s’installent en rond, nous branchons une pile dans deux boudins de pâte conductrice (verte) au bout desquels nous avons branché une diode. Je sépare les deux boudins verts par un boudin de la pâte violette. Rien ne se passe. J’inverse le branchement de la diode, toujours rien. Nous réfléchissons au pourquoi du comment et décidons d’essayer avec la pâte orange… et la lumière fut ! Nous mettons la violette de côté.
Je tente d’expliquer quelques rudiments des circuits électroniques aux enfants (et me rends compte que j’ai du boulot à faire niveau vulgarisation). Je leur propose de s’installer en petits groupes autour des tables. Nous avons une pile pour un groupe de 4 enfants mais chacun des enfants dispose de ses boudins de pâtes à modeler. Ce qui permet de continuer ses créations mêmes si elles ne sont pas alimentées.
Voici quelques exemples de sculptures imaginées et réalisées par les enfants :

 

 

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15 à 16h. Place au jeu !

Les enfants commencent à bien s’amuser. Il est temps d’intégrer un kit Makey Makey à l’atelier.
Au début, afin de comprendre le fonctionnement de l’outil, nous jouons en nous donnant la main, en formant des circuits électroniques humains. Pour commencer, je leur propose Flabby Physics. Je ne leur donne pas de consigne sur le jeu, ils découvrent en autonomie son fonctionnement. Quand je vois que ça coince pour passer un niveau, je propose à un autre enfant d’aller aider son camarade en l’intégrant dans le circuit. C’est à dire que le premier joueur reste connecté à la prise « terre » mais c’est le second qui contrôle le jeu en lui tenant la main et l’autre prise. À un moment, nous sommes tous dans le circuit (14). On rigole bien et lorsqu’un joueur doit se libérer pour soulager son oreille qui le démange c’est tout le circuit qui est rompu. On se retient donc pour pouvoir finir le niveau.
Je les questionne sur le procédé et sur les matières conductrices que l’on pourrait intégrer à nos circuits. Ils choisissent d’essayer avec la pâte à modeler verte. Bingo !
Plutôt que de continuer sur le même jeu, je leur propose un piano tout simple trouvé sur le site Makey Makey. Ils mettent en forme autant de boudins que de touches sur le piano et place à la musique !

Nous terminons notre journée sur une note musicale.

Retours et améliorations :

D’un point de vue général, l’atelier s’est super bien déroulé. J’avais des doutes sur la durée puisque je n’avais encore jamais conduit d’animation multimédia sur une plage horaire aussi importante (10h-16h !). Finalement le temps est passé très vite pour tout le monde.
Les enfants se sont amusés et sont repartis avec le sourire (et de la pâte à modeler !). Quand je les interroge sur leur ressenti de la journée, il se dégage que l’étape de la cuisine était moins fun que le reste de la journée. Mais tout de même, ils ont conscience que sans cette étape, le reste n’aurait pas été possible.

Personnellement, je pense qu’il nous faudrait de plus grosses diodes, celles que nous avons utilisées étaient trop petites. Aussi, dans les prochains ateliers j’intègrerai des buzzers et de moteurs afin de rendre l’expérience encore plus riche.

L’intérêt de cette activité c’est la dimension « DIY » qu’elle apporte. On se trouve ici sur des usages d’appropriation des technologies et, souvent, ça change de ce que l’on a l’habitude de faire à la maison. Cependant, il faut savoir ne pas trop en dire aux enfants, il faut les laisser imaginer l’usage qu’ils peuvent faire de ces technologies.

 

 

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